Gestion des milieux

Chabot

La fédération départementale de l’Aveyron pour la pêche et la protection du milieu aquatique est un établissement à caractère d’utilité publique (Article L434-4 code de l’environnement). Parmi ces principales missions, la protection du patrimoine piscicole et des milieux aquatiques est un des piliers fondamental. Cela se traduit par :

Impact des seuils sur le Rance

Dans le cadre de l’assistance au syndicat de rivière, la fédération de l’Aveyron a porté l’étude ayant pour objectif d’évaluer l’impact des seuils sur le Rance. Ce travail découle du fait que la seule pression « élevée » de l’état des lieux de l’Agence de l’eau sur le Rance (la masse d’eau amont), est la continuité.

La seule pression « élevée » de l’état des lieux de l’Agence de l’eau sur le Rance, est la continuité. De plus à l’échelle du département de l’Aveyron, le Rance est la rivière qui présente le plus d’obstacles à l’écoulement. Les différents partenaires dont la fédération ont décidé d’étudier l’impact de ces seuils. Cette étude portée par la fédération avait pour objectif de confirmer ou d’infirmer à l’aide de différents indicateurs (physiques, thermique, hydrologique, hydromorphologique et sédimentaire), les impacts des seuils afin d’appréhender les bénéfices d’éventuels actions.

Au préalable, 2 étapes ont été effectuées. La première étape a consisté en une synthèse des bases de données sur les seuils du Rance. Cette compilation suivie de prospections terrain ont permis d’ajouter 17 seuils dans le référentiel national, le référentiel des obstacles à l’écoulement (ROE), portant à 69 le total de seuils sur le Rance. La deuxième étape a permis de catégoriser les 69 seuils. Une classification statistique, à l’aide d’une analyse des correspondances multiples (ACM), des 69 seuils a été faite à partir de leurs caractéristiques (nature, franchissabilité, hauteur de chute, état du seuil et usage). Trois types de seuils se distinguent en fonction d’à la fois la franchissabilité, la hauteur de chute et l’usage. Le premier type, dénommé « bleu », sont principalement franchissables, sans usage et avec une hauteur comprise entre 0 et 1m. Le deuxième type, dénommé « rouge », sont infranchissables, majoritairement sans usage et avec une hauteur supérieure ou égale à 1m. Le troisième type, dénommé « vert », sont franchissables temporairement, avec et sans usage et avec une hauteur variable.

L’analyse des impacts physiques a consisté à calculer différents indicateurs, tels que la densité, le taux d’étagement et la longueur d’ennoiement. Pour se faire, les données sur les seuils ont ensuite été croisées avec les caractéristiques naturelles du cours d’eau, et les tronçons du Rance définis par le Syrah-CE. Ces indicateurs distinguent le Rance en 2 secteurs différents, correspondant aux 2 masses d’eau (FRFR138 et FRFR139). Le Rance aval se caractérise principalement par une forte longueur d’ennoiement (moyenne de 279m). Au contraire, le Rance amont présente une forte densité de seuils (moyenne de 2,5 seuils/km).

L’analyse des impacts thermiques a consisté à étudier 3 secteurs différents du point de vue des caractéristiques des seuils. Le premier secteur se situe sur la partie aval, caractérisée par de forte longueur d’ennoiement et des hauteurs de seuils importantes. Le deuxième secteur se situe sur la partie amont, caractérisée par une densité de seuils très élevée (5,9 seuils/km). Le troisième secteur se situe sur la partie amont, caractérisée par une densité de seuils un peu moins élevée (2,2 seuils/km). Les résultats des suivis thermiques horaires, durant la période estivale (juin à septembre), en plusieurs points, ont montré pour les 2 premiers secteurs, d’importants pics de température, suivis par un refroidissement de l’eau vers l’aval lorsqu’on s’éloigne du seuil. Le troisième secteur a montré une augmentation très rapide de la température de l’eau.

L’impact hydrologique des seuils a consisté à mesurer l’évaporation de l’eau. Le Rance présente des étiages sévères. L’objectif était de comparer le débit d’eau évaporé au débit de la rivière. Deux hypothèses, une haute (soit 4mm/jour d’évaporation) et une basse (soit 1mm/jour d’évaporation), ont été émises pour le calcul du débit d’eau évaporé. Au final, le bilan sur l’évaporation des retenues d’eau a permis de montrer que celle-ci correspond au maximum à environ 30% du débit de la rivière.

L’impact hydromorphologique a consisté dans un premier temps à repérer sur les photographies aériennes, les zones sans ripisylve et les sur-largeurs rencontrées sur le cours du Rance. Dans un deuxième temps, ces zones sans ripisylve ou avec des sur-largeurs, ont été comparées avec la position des seuils sur le Rance. Il ressort que 74% sur le Rance amont et 90% sur le Rance aval de ces zones sont induites par les seuils.

L’impact sédimentaire a consisté à analyser le taux de comblement des seuils sur les deux masses d’eau du Rance. La masse d’eau amont se démarque par un fort taux de comblement de la plupart des seuils sur le Rance amont (80 à 100% comblés) et au contraire par un plus faible taux de comblement sur le Rance aval (40 à 80 % comblés). Ce diagnostic recoupe celui émis par la technicienne rivière qui observe de nombreuses zones dallées, sans granulométrie dans le lit du cours d’eau, sur le Rance amont.

Ce travail effectué pour les 69 seuils a nécessité ensuite une synthèse par seuil pour faire émerger les seuils les plus impactant. Pour ce faire, une note par impact a été construite pour les 69 seuils, puis une note par seuil correspondant à la somme de chaque impact et enfin 4 classes de note pour faire apparaître des seuils avec un impact très fort et à l’opposé ceux avec un impact faible.

Retrouvez l’étude en cliquant sur l’image ci dessous.

MiniatureEtudeRance

Étude génétique

La gestion de la truite est une activité complexe du fait de la multitude des pratiques passées, de la diversité naturelle de l’espèce et des nombreuses pressions existantes sur les milieux qu’elle fréquente. La Fédération pour la pêche et la protection du milieu aquatique de l’Aveyron a cessé les alevinages depuis 2009. De nombreuses AAPPMA se sont lancées dans la gestion patrimoniale voilà maintenant de nombreuses années.

Après ces années de gestion patrimoniale, nous voulions savoir si ce mode de gestion halieutique et biologique allait dans le bon sens ou pas. Autrement dit, nous voulions savoir si ce mode de gestion halieutique était justifié du point de vue biologique, c’est à dire du point de vue du poisson, ici la truite, et son milieu, la rivière. Pour répondre à cette question, un seul outil s’impose : l’outil génétique.

Les analyses génétiques procurent notamment aux gestionnaires 2 types d’information : la distribution géographique des lignées naturelles différenciées et le niveau d’hybridation entre lignées sauvages et domestiques. La première information permet de prévenir des mélanges inappropriés pour la conservation de la diversité naturelle des truites et la seconde permet d’adapter la gestion à l’état du cheptel.

Retrouvez l’étude génétique menée sur la Dourbie en cliquant sur l’image ci dessous.

Miniature etude genetique

Réactualisation du PDPG

Le PDPG (Plan Départemental pour la Protection des milieux aquatiques et la Gestion des ressources piscicoles) est une document cadre dans le monde de la pêche car il permet d’harmoniser sur le département les 2 grandes notions que sont d’une part « la protection du milieu aquatique » et d’autre part « la gestion des ressources piscicoles ».

La FNPF a publié un flyer résumant ce qu’est une PDPG, que vous pouvez retrouvé en cliquant ici.

Il permet d’un côté de donner du poids à la fédération en matière de protection du milieu aquatique vis à vis de ses partenaires institutionnels et financiers (agence de l’eau, agence française pour la biodiversité, syndicats de rivière, …) et d’un autre côté d’associer les AAPPMA et d’échanger avec elles sur ces 2 grandes notions qui définissent et structurent chaque fédération départementale pour la pêche et la protection du milieu aquatique.

En 2017, la fédération de l’Aveyron se lance dans la réactualisation de son PDPG. Scindée en 3 années, cette réactualisation concerne, en 2017-2018, les bassins de l’Aveyron et du Viaur, en 2018-2019, le bassin du Lot et en 2019-2020, le bassin du Tarn.

En mai 2017, une première réunion a regroupé les AAPPMA des bassins versants Aveyron et Viaur, des membres du conseil d’administration de la fédération (Jean Couderc, Jean Claude Bru, Jean François Zanchetta et Patrick Costes) et des employés de la fédération (Martine Guilmet, Elian Zullo, Alexis Solignac, Christian Valenti et Martial Durbec).

Vous trouverez la présentation de cette réunion en cliquant ici, ainsi qu’un descriptif détaillé de la présentation, en cliquant ici.

Alexis Solignac est en charge de la réactualisation du PDPG.

Le travail se poursuit … n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions : fdp12solignac@gmail.com.

Gestion intégrée des milieux aquatiques

L’aménagement des cours d’eau relève de la compétence des collectivités et des structures dédiées (communes, communautés de communes, syndicats…). La fédération départementale de pêche n’a pas la compétence d’aménagement directe, en revanche en tant qu’acteur économique participant au développement du territoire et gestionnaire des peuplements piscicoles, sa connaissance des milieux, de leurs fonctionnements et des problématiques les affectant, en fait un partenaire incontournable dans la réflexion et la mise en place de programme de gestions intégrées des milieux.

La fédération suit et participe donc à la mise en place des : SDAGE / SAGE / Contrat de rivière / PPG …

Documents cadres : SDVP /PDPG

Dans le cadre de ces missions, la fédération a élaboré des documents cadre de gestion

Mignature SDVP

Le SDVP (Schéma Départemental de Vocation Piscicole) est un document départemental d’orientation de l’action publique en matière de gestion et de préservation des milieux aquatiques et de la faune piscicole. Approuvé en 2008 par arrêté préfectoral, ce document a reçu l’approbation de nombreuses structures gestionnaires de l’eau, notamment : la DREAL, l’Agence de l’Eau, l’ONEMA, la DDT, ainsi que l’approbation des élus du conseil départemental de l’Aveyron. Ce document dresse le bilan de l’état des cours d’eau et définit les objectifs et les actions prioritaires.

Mignature PDPG

Le PDPG (Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources piscicoles) est un document technique élaboré en 2009 sur la base d’un modèle « Pression – État – Réponse ». Il présente le fonctionnement des milieux aquatiques par bassin versant sous l’angle de l’état des populations piscicoles d’espèces repères (truites, brochets…).

Au delà du mode de gestion piscicole à mettre en place par les AAPPMA, ce document met en avant les principales pressions exercées par bassin versant, ainsi que les propositions d’actions nécessaires à développer avec l’ensemble des partenaires pour améliorer la situation.

Suivi des milieux aquatiques

  • Impact du colmatage sur la survie des truitelles

Ci dessous, une superbe vidéo de la reproduction de truites aveyronnaises … la densité et la taille des truites sur cette frayère fait plaisir à voire !! Merci à José Angoy (pisciculteur de la Fédération) pour cette magnifique vidéo !!

On espère que les futures truitelles (appelées 0+) deviennent aussi belles que celles sur la vidéo !!

La survie des truitelles n’est pas assurée sur toutes les rivières, en effet le colmatage met en danger la survie des œufs  de truites.

Le tableau ci dessous, résume les résultats d’une importante étude menée par la Fédération durant 3 ans et qui concerne l’impact du colmatage sur la survie des truitelles.

Lien colmatage - survie des truitellesCe tableau montre que si une rivière est colmatée (comme le Cône, en rouge) alors la survie des œufs est faible (moins de 10%) et par conséquent la densité de truitelles (ou 0+) est également faible.

A l’opposé, si une rivière est faiblement colmatée (comme le Lagast, en bleu) alors la survie des œufs est plus élevée (supérieure à 40%) et la densité de truitelles (ou 0+) est également élevée.

Le lien ci dessous vous permettra de visionner l’ensemble de l’étude menée sur le bassin versant du Viaur. Retrouver également dans le Piscator n°23 (p. 5) un article concernant cette étude … bonne lecture.

MiniaturePATConeLes conclusions de cette étude sont :

  • tout d’abord, l’importance de la protection des berges des cours d’eau, afin d’éviter le piétinement par le bétail, source de colmatage,
  • ensuite, l’attention des communes, agriculteurs ou entreprises de travaux publics lors de travaux aux abords de cours d’eau, source de sédiments fins et de colmatage
  • et enfin, l’urgence de maintenir et préserver la ripisylve, zone de protection contre l’arrivée de sédiments fins dans le cours d’eau.
  • Réseau de surveillance complémentaire

L’acquisition de données sur les milieux aquatiques est fondamentale pour pouvoir les gérer correctement. Dans la pratique cela se traduit, entre autre, par la réalisation de pêches d’inventaires et de suivis des températures estivales des cours d’eau.

Mignature Réseau

Depuis 2013, la fédération a officialisé la mise en place d’un réseau de suivi des cours d’eau emblématiques du département. Ce réseau, complémentaire à celui développé par l’Agence de l’Eau (R.C.S.), vise à connaître l’évolution sur le long terme de nos cours d’eau de « référence » afin de mieux comprendre l’impact des changements climatiques que nous vivons sur les régimes thermiques des cours d’eau Aveyronnais et les peuplements piscicoles qui y sont intimement liés.

L’appui technique aux différents gestionnaires

A géométrie variable, cela peut aller du simple conseil technique à l’assistance à maîtrise d’œuvre dans la conception, mise en place, la réalisation ou le suivi des travaux.

Mignature Serre2013 Mignature Atlas Serre 2013